Mercredi 22 février
On prend les mêmes et on recommence, donc, avec dans l’ordre le réveil à 6h50, histoire de commencer à émerger, puis la réception dix minutes plus tard. J’aurai eu la bonne idée tout de même, avant de sombrer quelques heures plus tôt, de parvenir à localiser la molette de volume du téléphone et à la baisser sensiblement (mon cœur m’en est aujourd’hui encore reconnaissant). Il ne faut pas traîner, car le petit déjeuner ne va pas tarder à arriver (et oui, je deviens snob et me fais monter le plateau en chambre). Bon je ne vais pas vous faire étalage du menu, ce n’est pas ce qui vous intéresse je pense.
Bref, le ventre plein, douché et un peu plus éveillé, je décide de tester le métro pour me rendre à la halle. En chemin pour la station, un petit arrêt dans une pharmacie pour y faire l’acquisition d’une boîte de « Formule G » qui se révèlera être d’un grand secours…
Le métro n’est qu’une formalité. Quatre stations et un petit quart d’heure plus tard, me voilà arrivé, et après tout juste cinq petites minutes de marche la Halle Tony Garnier m’ouvre ses portes.
Il n’est pas encore 9h, et déjà quelques dizaines de personnes patientent dans le froid devant les grilles. Bien du courage à eux, la journée va leur sembler au moins aussi longue qu’à nous !
Une fois les machines lancées, quelques double-expressos avalés, et les dernières modifications faites, il ne reste plus qu’à attendre le bus des artistes, dont l’arrivée est prévue vers 11h30. Et dans ces cas là, vous savez certainement ce que c’est, il y a toujours du retard… Et bien pourtant, cette fois, non ! Tout le monde est bien là à l’heure, même si certains yeux ne doivent pas être ouverts depuis très longtemps.
Tout semble idyllique, le timing est bon, tout le monde est là… C’est trop étrange, il doit forcément y avoir un truc qui cloche ! Et évidemment ça ne rate pas. Nous apprenons que dans la nuit, à la suite d’un problème électrique, deux consoles son ont grillé… Heureusement il y a ce qu’il faut en secours, niveau matos, mais le hic c’est que tous les réglages sont à refaire, toutes les mémoires sont à reprogrammer.
C’est pour cette raison que la répétition générale ne commencera finalement qu’à 15h. C’est durant cette dernière que l’on apprendra que ni Natasha St Pier, ni Patrick Bruel ne pourront assurer la représentation du soir, comme prévu, suite à une épidémie de petits problèmes de dos… Il faut donc dans l’urgence leur trouver des remplaçants sur les morceaux qu’ils interprètent, ce qui n’est pas sans s’arracher les cheveux dans certains cas. Hélène héritera ainsi, tout à sa joie, de « La Tribu de Dana » et n’aura que quelques heures pour s’y préparer (cela nous vaudra de grands moments, que cela soit à la répét ou lors du concert, avec petit fou-rire en prime). Bien évidemment il a également fallu répercuter tous ces changements sur mes deux fidèles ordinateurs, tout en gardant une main sur la molette de défilement et un œil sur l’écran de contrôle… Heureusement j’aurai pu compter cette année sur le soutien de Mérav, recrutée (un peu par piston, on doit le dire ;)) pour assurer une polyvalence de tous les instants, et qui se révèlera plus qu’indispensable…
Vers 17h45, alors que nous venons tout juste de passer en revue la moitié du spectacle, les bénévoles font leur entrée. Ces quelques 300 à 400 chanceux auront donc droit à une petite demi-heure de répets… Car à 18h15 il faut à présent tout stopper pour faire entrer le public. Tant pis pour les deux medleys et les quatre chanson restant, les dernières répétitions se feront en loges, comme l’an dernier à Bercy. Et curieusement, comme si c’était fait exprès, ce sera cette dernière heure de spectacle qui roulera le mieux et s’enchaînera de manière à peu près fluide le soir…
Un passage express au catering (vous savez, un truc dont je vous parlerai un jour) car il y a encore beaucoup à faire. Tandis que la fosse se remplit de manière impressionnante (jusqu’au samedi inclus la configuration de la salle était de 3.000 places dans les gradins et de 10.000 ( !!!) dans la fosse, énorme !) il faut une dernière fois vérifier tous les textes, en traquant le moindre prénom d’un absent (car il en reste toujours, et si cela se produit durant le spectacle tout le monde s’arrête de chanter et un gros flottement s’installe, j’ai déjà vécu ).
Ensuite reste à imprimer une dizaine de dossiers contenant toutes les paroles et les découpages, afin de les donner aux postes son, lumières, scripte, etc…
Et une dernière formalité : dresser un grand panneau de bois avec tous les textes scotchés dessus, dans l’ordre, de manière à créer un « atelier révision » devant lequel les artistes peuvent à tout moment, pendant un temps mort, revoir leur texte…Une innovation qui sera à coup sûr reconduite, au vu de son succès…
Il est 20h15. Avec une grosse demi-heure de retard, les lumières de la salle s'éteignent, et le film retraçant les meilleurs moments des précédentes années démarre. C'est toujours très impressionnant, des coulisses, d'entendre plus de 10.000 personnes rugir de plaisir (bein oui, on est à Lyon !) à chaque apparition de leurs chouchous. A ce jeu là, JJG est définitivement indétrônable.
La valse des Enfoirés commence alors, courant des loges costumes au coin retouche maquillage ou coiffure. Le stress monte peu à peu pour tout le monde, la concentration aussi. Nous n'avons tous qu'une envie : que les premières notes de la première chanson résonnent enfin !
Ca y est, le film en est maintenant à « Tout le monde y pense », du spectacle de l'an dernier, signe qu'il ne reste plus qu'une minute. Dernières accolades, tapes dans les mains, cris de guerre ou gorgées de boissons diverses, et c'est parti !
Sur le déroulement du spectacle en lui-même, et ce de manière générale pour chacun des 7 concerts, je ne pourrai malheureusement pas trop vous en dire. Non pas qu'il ne se passe rien devant moi, loin de là, ni même que je veuille garder tout cela secret... Non, simplement, pour un peu plus de trois heures je ne suis alors plus concentré que par deux choses : la molette de défilement, et mon écran de contrôle. Sachez cependant que ce premier exercice 2006 sera loin d'être parfait : beaucoup de temps morts entre les titres, des ouvertures de micro ratées, des artistes qui oublient de chanter... bref, classique mais néanmoins inévitable, comme tous les ans, et l'immense majorité des spectateurs présents le comprendra parfaitement et passera tout de même une soirée inoubliable. Ce ne sont pas les quelques grincheux lus ici et là qui y changeront quoi que ce soit : lorsque l'on prend ses billets pour le premier soir, on est censé savoir que tout ne se déroulera pas forcément aussi bien que quelques jours plus tard. Mais on sait aussi que l'on assistera à un concert unique : moins d'artistes présents, donc chacun chante un peu plus, la distrbutionne correspondant très souvent en rien avec ce qui sera enregistré pour la télé / CD / DVD les dimanche et lundi.
Après 200 minutes intenses, les dernières notes de la « Chanson des restos » résonnent et je m'empresse d'éteindre tous mes appareils afin de gagner le bus, dont le moteur tourne déjà sur le parking. Mais celui-ci tardant à se remplir, des navettes assureront les premières liaisons avec l'hôtel. Je ne me fais pas prier pour emprunter l'une d'elle, devisant en chemin avec Maître Jean-Jacques des trésors cachés de la mémoire (la conversation étant partie sur une constatation effarée de JJ : « J'arrive pas à le croire, j'avais les yeux rivés au prompteur sur « Encore un matin » ! »... Mais le chemin jusqu'à l'hôtel est si court que je n'aurai pas le temps de terminer mon exposé sur la méthode associative (une vieille technique pour faire fonctionner sa mémoire, basée sur l'association d'idées) que nous sommes déjà arrivés...
Après être monté poser mes affaires et m'être mis à l'aise (quel bonheur que de gambader pieds nus), je m'autorise un dernier café au bar, avant le débarquement général. Je n'ai jamais été un fêtard, et ce n'est pas maintenant que cela va commencer. N'est pas C..... ou M... qui veut !
3h30, retour en 225. Après avoir réfléchi de longues minutes, réveil en main, je décide de m'autoriser une prolongation de sommeil, pour le lendemain matin...