Mardi 21 février
…et même très courte, puisqu’il est 6h50 lorsque sonne le réveil, imité 10 minutes plus tard par le téléphone que le réceptionniste aura la gentillesse de faire sonner bien fort (ça c’est un service réveil efficace !).
Comme on a pris du retard la veille, le début des répétitions est avancé à 11 heures, soit deux heures plus tôt qu’initialement prévu. Mais alors me direz-vous, quelle idée de se réveiller si tôt, alors que j’aurais bien pu dormir facilement deux heures de plus ?
La raison, la voici : il faut savoir que lors de la première phase de répétitions, à Paris, tout n’était axé que sur la distribution prévue pour les concerts filmés, c'est-à-dire ceux de dimanche et lundi. Or, une fois sur place, nous ne travaillions plus que pour le premier concert, celui du mercredi. Il fallait donc revoir tous les découpages de chansons (c'est-à-dire les phrases chantées par chacun), en prenant en compte ce jeu de chaises musicales (jusqu’à une douzaine d’artistes en moins pour les premiers concerts). Mais comme il eut été bien trop facile de simplement remplacer un absent par quelqu’un d’autre, la répartition elle-même du texte était souvent à revoir, car le remplaçant n’avait pas forcément la même tessiture vocale, et ne pouvait donc pas toujours chanter les parties prévues pour un autre.
De plus, toutes ces modifications étaient à chaque fois à effectuer en double : sur la machine-prompteur bien sûr, mais également sur l’ordinateur portable permettant de pouvoir imprimer à tout moment pour n’importe qui le texte découpé d’une chanson ou d’un medley.
Bref, tout ça pour vous dire que jusqu’à dimanche inclus, ces opérations demandaient au bas mot une heure trente à deux heures tous les matins. Heureusement, lorsque c’est possible, ce sont les interprètes originaux des chansons qui assurent le poste de remplaçant. On aura ainsi pu voir Jean-Jacques sur « Encore un matin », Chimène sur « Je viens du sud », Amel sur « Ma Philosophie » ou encore Garou sur « La rivière de notre enfance ». Il ne s’agit en aucun cas d’assurer sa promo, comme j’ai pu le lire ici et là, mais simplement une manière de gagner un temps précieux sur les répétitions. Car, autre chose que je n’ai pas encore précisé, nous bénéficions cette année d’une journée de répétitions en moins sur place par rapport à d’habitude. Il faut donc tout boucler en 2 jours et demi ce qui nous prend en temps normal presque 4 jours. Une autre explication au rythme d’enfer de cette édition 2006.
Il est donc 9h00 lorsque je pénètre dans une Halle Tony Garnier encore pratiquement vide. Un sentiment étrange que ce calme et ce silence qui l’habitent (il faut voir le même tableau quelques heures plus tard, et le bruit et la frénésie ambiante, pour comprendre de quoi je parle). Le seul problème en arrivant si tôt, c’est que rien n’est encore alimenté en électricité. Heureusement, ma machine bénéficie d’une solide batterie de plus de 4h d’autonomie, ce qui me permet de tout boucler en temps et en heure. Il me restera même quelques minutes pour enfin avoir l’occasion de flâner dans le décor et prendre quelques photos…
Nous attaquons donc les répétitions du jour par celles de la veille, entendez par là celles que nous n’avions pas eu le temps de mettre en boite : « Lambé an Dro » et « Débarquez moi »… Une pause repas bien mérité, et le marathon reprend, avec successivement « Non je ne regrette rien » , le medley « Vie Quotidienne », « Ma philosophie », le medley « On s’écrit », « Quelqu’un m’a dit », « Non, non rien n’a changé » et le medley « Adultes et enfants ». A propos de ce dernier il convient d’apporter quelques précisions. A l’origine, chaque chanson le constituant devait être interprétée par un enfant différent. Mais c’était oublier qu’en matière de travail des enfants (car même si j’imagine que cela doit plus être un grand plaisir, cela reste un travail), les lois sont très, très contraignantes (et heureusement, dans un sens). Il a donc été décidé que jusqu’au lundi ce serait Jean-Baptiste qui assurerait seul les parties « enfants » du Medley. Et au vu du résultat, cette distribution a été définitivement entérinée pour tous les concerts, les enfants lyonnais prévus étant au final mis à contribution sur les chœurs de « Non, non rien n’a changé »…
Il est 21h30, et après une petite heure de coupure au Catering (tiens, il faudra que je vous en reparle :p), nous attaquons les gros morceaux des répétitions, à savoir les quatre chansons collectives (les deux premières et les deux dernières), pour lesquelles la présence de tous les artistes est requise : « Le jour s’est levé », « Encore un matin », « Carte Postale » et « Le temps qui court ». Tout cela sera très long, car outre la présence simultanée de plus de 30 artistes sur scène, il faut également travailler les transitions entre les chansons, qui doivent s’enchaîner le plus vite possible (en théorie, car pour la pratique, avec les changements de costumes, les sorties à un bout du décor et entrées à l’autre extrémité, etc… c’est une toute autre histoire). Petite anecdote sympa avec Hélène venant emprunter l’appareil photo au cours des nombreux temps morts et shootant tout ce qui bouge sur scène… Quelques jolis clichés, dont certains pas montrables, beaucoup de flous artistiques, et un joli concours de grimaces remporté haut la main par Jenifer… Hélas tous ces « chef-d’œuvre » étant sa propriété, je ne peux pas vous en faire profiter… A moins qu’LN ne passe un jour par ici et ne donne son autorisation ;)
Au final nous terminerons tout de même bien plus tôt que la veille, vers 1h58… Pas de chanteuse de bus ce soir là, ni de choeurs, tout le monde est KO et n’a qu’une envie : aller se coucher. Seuls quelques téméraires (toujours les mêmes soit dit en passant) prendront la direction du bar de l’hôtel, s’y établissant jusqu’au petit matin…
Encore une fois la nuit va être courte. La répétition générale, en costumes, est prévue à midi…