Delhi (1)

Publié le par Introl

...et on était bien loin d'imaginer à quel point !
Serrés à 3 sur une une planche de bois recouverte de skaï, nous mettrons 4h30 pour rallier Delhi, sous une chaleur accablante. A mi-parcours, le wagon est si bondé que les indiens se massent à 5 par banquette tandis que d'autres doivent se contenter du marchepied des portes (ouvertes) donnant sur les voies. Chaque centimètres carré restant étant occupé par des gens debout faisant passer la ligne 13 du métro parisien un jour de grève pour un havre de paix paradisiaque.
Chaque arrêt suivant jusqu'à Delhi verra quelques personnes descendre, certes, mais au moins le double monter. On n'a toujours pas compris comment ils faisaient... y'a pas à dire, ils sont forts ces moustachus !

Arrive alors notre plus grosse mésaventure de ces 4 semaines… A l’arrivée à la gare de Delhi, en provenance d’Agra, nous nous présentons au « Amax Inn » à Pahar Ganj, référencé dans le Routard. Il ne reste plus qu’une chambre, un placard à balais pas très propre. Le gérant nous propose alors d’aller voir au « Hindustan Hotel » à quelques dizaines de mètres, qui appartient au même propriétaire.

Pour 400 roupies, la chambre est correcte, relativement propre, et épuisés comme nous sommes après notre éprouvant voyage en train, nous signons pour les 2 nuits.

Le soir, après avoir bien récupéré, nous sortons dîner. A notre retour, Katy se rend compte que 4000 roupies (env. 75€) ont disparu de sa pochette à documents, placée dans son sac. Ils y étaient en début de journée, et il est donc clair que c’est quelqu’un appartenant au personnel de l’hôtel qui a sévi.

Je passerai toute la fin de soirée et une bonne partie de la nuit à gueuler contre le gérant, qui me prendra tout du long pour un demeuré (« cherchez encore » alors que l’on a retourné 3 fois les sacs tout en sachant précisément où était rangé l’argent, « je vous assure que nous n’avons pas de double des clés de chambre »…). Le pompon étant lorsque je lui demande d’appeler la police. La première fois je suis accueilli avec un « What you want my friend » par mon interlocuteur, je ne savais pas les flics si familiers… Je raccroche et lui demande de réellement appeler la police, pas un de ses potes se faisant passer pour tel. Il compose un nouveau numéro (un numéro de portable, je sais donc d’avance qu’il se fout encore de ma gueule) et me passe un mec qui baragouine 3 mots de français, et qui m’avouera après que je lui ai gueulé dessus qu’il est agent de voyage… Cela ne l’empêchera pas d’essayer de me vendre un tour de Delhi en taxi… Je ne tiens plus et menace le manager de me rendre directement au poste si un flic, un vrai, n’était pas là dans la demi-heure. Comprenant que ses autres potes éventuellement disponibles n’auraient pas le temps de trouver une boutique de location de costumes ouverte à cette heure là, il se résout à vraiment appeler le commissariat. Vingt minutes plus tard, deux « chiens kakis », le surnom des flics indiens équivalent de notre « volaille », débarquent dans le hall. Notre ami gérant, si arrogant jusqu’ici, voit tout à coup son petit sourire narquois déserter son visage et la sueur perler à son front, ce qui me conforte dans ma certitude que cet hôtel n’est pas net. Après une bonne demi-heure à échanger les points de vue, j’informe les flics que je souhaite porter plainte contre l’hôtel, et ils m’invitent à les suivre jusqu’au poste. Le gérant bondit alors sur le téléphone pour appeler le propriétaire de l’hôtel et le mettre au courant de la situation. Le flic discute quelques minutes avec ce dernier, et me dit après avoir raccroché que le proprio proposait de venir le lendemain matin afin de trouver un arrangement à l’amiable. Il est plus d’une heure du matin et passer un long moment au cœur de l’administration indienne ne m’enchante guère, aussi j’accepte tout en prévenant que je porterai plainte si aucune solution n’était trouvée. On se quitte tous en se serrant la main (celle du gérant étant la plus moite et poisseuse que j’aie jamais serrée de ma vie –le fond de son pantalon ne devait pas être beau à voir), et je m’en vais parcourir le quartier à la recherche d’un autre hôtel pour la nuit suivante, car il est hors de question que l’on passe une nuit de plus chez ces voleurs.

Je trouverai finalement le bonheur au « De Holiday Inn », où la chambre présentée est d’une « classe » encore jamais vue depuis le début de notre séjour, presque digne d’un Mercure. On me demande pourquoi je n’ai pas de bagages et pourquoi je veux la chambre pour la nuit suivante, j’explique donc les mésaventures du soir, ce qui n’a pas l’air d’étonner mes interlocuteurs… Seul hic lorsque l’on m’annonce le prix : 1295 roupies (25 €). Ma moue de dépit doit faire comprendre au réceptionniste qu’il va perdre un client, aussi me propose-t-il une super réduction : 700 roupies pour la nuit. Ca reste élevé par rapport à la moyenne des sommes payées jusqu’ici, mais donne un rapport qualité / confort / prix plus que convenable. Et au moins nous serons ici en confiance…

Le lendemain matin, le proprio du Hindustan Hotel est là à l’heure dite. Après une heure de discussions parfois houleuses et devant ma menace finale de porter plainte contre l’établissement à la police et à l’organisme indien du tourisme, ainsi que d’écrire aux guides où son autre établissement est référencé, il me propose de me rembourser 2 500 roupies sur les 4 000 volées, par « pure charité indienne ». Pressé d’en finir j’accepte le deal et nous prenons la direction du « De Holiday Inn » pour la fin de notre week-end Delhiesque (Katy penche elle pour Delhisien).

 

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Publié dans Inde 2007

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N
Décidement meme à l'étranger tu as affaire à la "volaille..." lol...<br /> Mais bon ça s'arrange , c'est le principal...<br /> A plus...
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