Varanasi - Day 3 (La pluie, encore et toujours...)
Encore raté pour les ablutions matinales sur les ghâts car le réveil n’a pas sonné et nous avons ouvert les yeux en milieu de matinée… La pluie qui tombe toujours atténue nos regrets. Dans l’espoir d’une éclaircie, nous traînons à la guesthouse et déjeunons tranquillement mais le ciel reste bouché. Au contraire de nous, les habitants de Varanasi sont aux anges car ils attendaient la pluie depuis des semaines et beaucoup se rendaient dans les temples pour prier les dieux de laisser venir la mousson. C’est donc une nouvelle fois équipés de nos ponchos que nous nous décidons à explorer les ghâts et les ruelles du Chowk vers le nord. D’énormes tas de bois (trempés, à se demander comment ça peut brûler) et des nuages de fumée nous signalent que nous approchons du principal ghât de crémation, le Manikarnika. Nous croisons dans les ruelles quelques cortèges funéraires suivant en psalmodiant le brancard du mort, porté par des intouchables. Nous trouvons un emplacement surplombant quelques bûchers et restons quelques minutes à observer. Ca fait un peu « incinération à la chaîne ». Quand une crémation est terminée, on amène aussitôt un nouveau corps et on relance le bûcher. Peut-être que la pluie les contraignait aussi à ne pas laisser s’éteindre entièrement le feu… En effet, seuls un ou deux endroits sont couverts d’un toit. Comme sur le Harishchandra ghât, les bûchers sont assez petits. Par contre, ils dégagent une épaisse fumée, rabattue vers nous par le vent, qui pique les yeux et la gorge et rend pénible notre séjour sur la plateforme. De plus, je me sens un peu mal à l’aise dans cette attitude de « voyeuse » et préfère partir. David me suit à contrecoeur, il serait bien resté plus longtemps. Chaque voyageur a un ressenti particulier face à ces ghâts de crémation… Certains sont fascinés, d’autres détestent et d’autres encore, comme moi, sont gênés mais personne ne reste indifférent. J’appréhendais cette confrontation mais j’ai finalement été surprise par le caractère « naturel », et pas du tout choquant, de cette coutume lorsqu’on y assiste pour de vrai. On remarque l’absence de femmes dans les cortèges et autour des bûchers en raison de leur « émotivité » qui perturberait la cérémonie (dixit un pseudo-guide à un groupe de touristes).
Nos ponchos commençant à prendre sérieusement l’eau après plusieurs heures à marcher sous la pluie, nous retournons à la guesthouse par les ruelles. Celles-ci sont bien différentes de celles que nous avons traversé la veille. Comme elles sont à proximité du Temple d’Or, les magasins de gris-gris, offrandes et bijoux divers – à destination des pèlerins autant que des touristes – envahissent le moindre recoin disponible et la foule est très dense. Y’a pas à dire, on préfère la tranquillité de notre « petit village » de Pandey Ghât !