Varanasi - Day 1
Après nos mésaventures à Delhi, nous prenons un taxi prépayé à l’hôtel (250 roupies alors que l’hôtel des voleurs nous avait annoncé 350…), direction l’aéroport et son terminal des vols domestiques. Nous ne voyons pas le vol que nous sommes censés prendre sur les panneaux à l’extérieur du terminal mais ne paniquons pas et allons nous renseigner à l’intérieur.
Le moins qu’on puisse dire c’est que le gouvernement prend très au sérieux la sécurité dans ses aéroports, à Delhi comme à Varanasi... Mais il ne faut pas oublier qu’on est en Inde donc leur conception des « mesures efficaces de sécurité » est parfois déroutante pour un Européen.
Généralités - Le « parcours du combattant » du vol intérieur :
Etape n°1 : on rentre dans l’aéroport (et par la porte qui correspond à votre vol s’il vous plaît) uniquement si on présente une confirmation de réservation pour un vol du jour et son passeport. A l’aller, une fois passé le cerbère de l’entrée, on apprend que notre avion est retardé pour cause de 60ème anniversaire de l’Indépendance deux jours plus tard (on n’a toujours pas compris le lien logique de cause à effet…).
Etape n°2 : premier des nombreux « Security check », qui consiste à faire passer son bagage soute aux rayons X (mais pas son bagage à main) et à récolter un joli autocollant qui atteste que tout est conforme.
Etape n°3 : Après plusieurs heures d’attente, l’enregistrement est enfin annoncé et nous nous rendons au guichet de Spicejet, compagnie low-cost indienne sur laquelle nous voyagerons. On a de la chance et tombons sur une file d’attente à peu près disciplinée où les Indiens qui essaient de se faufiler se font vertement remettre à leur place par leurs compatriotes. Arrivés à proximité du guichet, on voit pour la première fois la liste des objets interdits, parmi lesquels les rouges à lèvres. J’enlève donc mon tube de Labello de mon sac à main pour le glisser dans mon sac de soute. Un cerbère-contrôleur vient me voir pour me dire que je ne dois pas transférer de choses d’un sac dans l’autre après le passage au « Security check » n°1, mais sans vérifier ce que sont les objets en question. J’ai à peine commencé à expliquer qu’ils n’ont qu’à afficher la liste au niveau des rayons X qu’il a déjà tourné les talons… Nous récupérons nos billets et nous mettons dans une autre file d’attente pour le « Security check » n°2, qui concerne les passagers de 3 ou 4 vols et avance donc à une vitesse d’escargot.
Etape n°4 : Le « Security check » n°2 concerne cette fois les bagages à main. Les hommes passent d’un côté et les femmes de l’autre dans une petite cabine isolée par un rideau pour passer au détecteur et pour l’examen des sacs qui, faute de moyens sans doute, ne sont pas passés aux Rayons X mais fouillés à la main.
Etape n°5 : Attente avant l’embarquement (plus ou moins longue selon le temps qu’auront pris les formalités susnommées).
Etape n°6 : Embarquement. On laisse les Indiens se bousculer devant le guichet et on attend sagement notre tour à la fin de la file car, de toutes façons, on a des places réservées comme tout le monde… En chemin pour rejoindre l’avion on passe par un nouveau « Security check » avec re-fouille des sacs (des fois qu’on aurait piqué un pied de chaise ou une canalisation dans les toilettes pour faire une prise d’otage…).
Etape n°7 : Ca y est, on est dans l’avion, c’est parti pour 1h15 de vol ! L’appareil est quasiment neuf et les prestations sont très similaires à nos low-costs européens style Ryanair : peu de place pour les jambes et aucun service gratuit, même les boissons.
A noter : après l’entrée de l’aéroport, on ne nous aura plus jamais demandé de présenter notre passeport.
Après avoir joué des coudes au milieu des Indiens pour récupérer les bagages sur le tapis et présenté nos tickets à une hôtesse pour qu’elle s’assure que nous n’avons pas pris les sacs de quelqu’un d’autre, nous sortons de l’aéroport de Varanasi. Nous ne nous laissons pas embarquer par un énergumène qui porte une pancarte « Mr. Introlgator – Shiva Guesthouse». Pas la peine de vous dire que ce n’est pas l’hôtel que nous avons choisi (et pour cause, nous n’avons réservé nulle part)… Le petit malin a sans doute été renseigné par un complice de l’agence de taxis de Delhi car son panneau présente la même faute d’orthographe que sur le « voucher » que nous avions.
Nous nous mettons en quête du guichet des taxis prépayés, et là, bienvenue dans les griffes de la « mafia » des taxis-racketteurs locaux ! A l’intérieur de l’aéroport, un premier guichet qui se prétend « officiel » essaie de nous vendre la course à 650 roupies (alors que le Routard indique 350 au maximum). On lui rit au nez et on cherche la guérite de la vraie « Traffic Police » à l’extérieur. Le tarif est affiché clairement : 480 roupies, soit plus du double que ce que nous paierons à Delhi au retour (205 roupies), pour une distance à peu près équivalente entre l’aéroport et le centre ville (20 km). Lorsque nous arrivons au guichet, un Américain est en train de prendre son ticket pour aller jusqu’à Godaulia, le carrefour central où nous nous rendons également. Nous lui proposons de partager son taxi, bientôt rejoints par un Anglais, ravi lui aussi de pouvoir économiser quelques centaines de roupies. L’Américain récupère son « voucher » et nous tournons tous les talons, direction le parking. A peine le temps de se retourner qu’un vieux, affolé par l’idée de vendre 1 taxi au lieu de 3, fonce vers nous pour nous dire qu’il n’est pas possible qu’on partage un taxi. Tous ses copains du guichet lui donnent raison et on se retrouve à « argumenter » avec une dizaine d’Indiens. Toutes les excuses bidon y passent [ndlr : pas de place pour 4 dans ton Ambassador, tu te fous de moi ?] mais, devant notre détermination, et comme on est en Inde et qu’il y a toujours une solution, ils nous disent que « C’est pas possible mais contre un backchich de 50 roupies pour le chauffeur on peut s’arranger (au cas où la police arrête la voiture vous comprenez) ». Ouais, c’est ça, on comprend bien et on verra pour le backchich mais charge les sacs parce que là l’orage va éclater d’une minute à l’autre. A la sortie du parking, ils essaient encore de nous extorquer 25 roupies, soi-disant pour le parking. Là encore, on proteste tous les quatre et on s’en sort sans payer ce supplément. Chouette première impression de Varanasi ! Surtout qu’un gros orage de mousson éclate à ce moment-là et qu’il fait quasiment nuit à 17h30…
L’Anglais décide finalement de se faire déposer à la gare routière et doit « offrir » 60 roupies au chauffeur pour le dérangement (alors que la gare est sur le chemin du centre ville). Cela rend notre ami moustachu tout jovial mais pas moins filou car, profitant de la pluie battante et de l’obscurité, il nous déposera 500 mètres avant notre point d’arrivée prévu.
L’averse étant trop violente, nous patientons dans une échoppe avec l’Américain en espérant une accalmie et une petite heure plus tard, la pluie s’étant un peu ralentie, nous prenons congé et montons dans un vélo-rickshaw, direction le « Panday Ghât » et la Om Resthouse, conseillée par Candy. Le pauvre bougre s’échine à faire avancer sa carriole, lestée de nos kilos et de ceux des sacs, dans les rues submergées par 30 cm d’eau qui cachent les nombreux nids-de-poule, certains si profonds qu’on a peur que le rickshaw se renverse. A quelques centaines de mètres de la guesthouse, il est contraint de nous déposer car les ruelles sont trop étroites. On continue donc à pied dans ce dédale, à la lueur de la lampe de poche et guidés par un gamin serviable. Coup de chance à la Om Resthouse, il reste 1 chambre disponible… De toutes façons, on aurait même dormi sur une paillasse dans l’entrée car il était hors de question de ressortir !